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Étiquette letempslitteraire

Si demain

Tu ne liras jamais cette lettre, toi, mon grand chant d’égarement. Mon refrain à dérégler la pluie. Je t’écris comme tentative à conjurer l’absence, ton absence. Et pour garder intacte le souvenir de ton rire sur ma chemise. Si je ne suis qu’un homme raté, passé à côté de lui-même, à n’aimer qu’en silence et grognement, c’est parce que j’ai tout donné une fois, une nuit, à une femme au visage de toutes les réponses du monde. Je t’écris pour au moins ne jamais manqué de rendez-vous avec mon coeur, aimer comme on aime le poison qui nous tue. Lentement.  A toi, toi, inconnue Caïmitte, d’un jour, d’une nuit, d’un bar, d’une musique, de baiser volé à la lune et du coeur qui souffre à toujours. Toi, mon éponge vocabulaire à sécher la parole bavarde des gestes timides.