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Catégorie Création

Si demain

Tu ne liras jamais cette lettre, toi, mon grand chant d’égarement. Mon refrain à dérégler la pluie. Je t’écris comme tentative à conjurer l’absence, ton absence. Et pour garder intacte le souvenir de ton rire sur ma chemise. Si je ne suis qu’un homme raté, passé à côté de lui-même, à n’aimer qu’en silence et grognement, c’est parce que j’ai tout donné une fois, une nuit, à une femme au visage de toutes les réponses du monde. Je t’écris pour au moins ne jamais manqué de rendez-vous avec mon coeur, aimer comme on aime le poison qui nous tue. Lentement.  A toi, toi, inconnue Caïmitte, d’un jour, d’une nuit, d’un bar, d’une musique, de baiser volé à la lune et du coeur qui souffre à toujours. Toi, mon éponge vocabulaire à sécher la parole bavarde des gestes timides.

Manman pa dous*

sitwon, tritri, jomou, kwokwo, sèl, figmi, zonyon, kawòt, mayi peyi, ble, pwa kale, pwa chous, manba, farin, bobori, wowoli, doukounou, pendou, vyann sale. 

Mon amour, quelles étoiles n’avions-nous donc pas bercées ?

Depuis quelque temps, les étoiles se font rares. Elles sont en confinement pensai-je. De notre
chambre qui s’ouvre sur le ciel, nous avions l’habitude de les voir. Elles venaient souvent nous admirer dans nos plus intimes mouvements. Nous n’avions pas vu arriver cette pénurie d’étoiles, sinon nous aurions pu en accrocher une dans notre chambre.

Lettre à ma fleur de passiflore

Cela fait plusieurs minutes que j’assiste aux premières lueurs du jour qui apparaissent à l’horizon. Il est peut-être six heures du matin. Le vent se lève doucement avec un air frais devant moi, balayant les feuilles des cerisiers et de l’avocatier. J’entends les aboiements des chiens, le cri lointain d’un coq et le souffle du vent. Je suis debout en face d’une fenêtre. Je sens une odeur particulière, une odeur de menthe qui embaume l’air.