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L’Observatoire africain des professionnels de l’édition (OAPE) en Haïti : « L’objectif poursuivi est celui de valoriser l’édition, ses acteurs, ses métiers et ses produits en Afrique et ici dans la Caraïbe. »

Entretien | Le Temps Littéraire a rencontré le représentant permanent en Haïti de l’Observatoire Africain des Professionnels de l’Edition, M. Marc Sony Ricot. Cet entretien tient lieu de présentation de cette institution qui œuvre depuis quelques temps en Haïti.

1- Vous êtes représentant permanent de l’OAPE en Haïti, qu’est-ce que c’est précisément ? 

Marc Sony Ricot : L’Observatoire africain des professionnels de l’édition (OAPE) est une organisation à but non lucratif fondée à Brazzaville par le Camerounais Ulrich Talla Wamba et d’autres professionnels du livre, de l’édition. Cet organisme présent dans une vingtaine de pays regroupe de nombreux bénévoles (professionnels, et simples passionnés). L’objectif poursuivi est celui de valoriser l’édition, ses acteurs, ses métiers et ses produits en Afrique et ici dans la Caraïbe. L’Observatoire met sur pied un ensemble de projets pour rendre compte de l’évolution de ce secteur, pour fournir des données et statistiques à propos, et faire des propositions à l’endroit des acteurs des chaines de valeur du domaine. La vision de l’OAPE est celle d’une Afrique consciente des enjeux de l’Édition, de ses produits, et du rôle de ses acteurs dans un contexte mondialisé afin de réussir son développement. L’OAPE est ensuite un état d’esprit. Nous croyons qu’il est possible pour les Africains et les Caribéens, quels que soient leurs lieux de naissance et de résidence, de se retrouver autour d’un projet commun pour faire évoluer l’Afrique et la Caraïbe. Chaque pays a un représentant permanent, cela fait plus d’un an que je suis à ce poste. 

2- Pourquoi avez-vous pensé qu’Haïti devait prendre part à cette initiative ?

M. S. R.: Le salaire minimum ne peut pas acheter un livre. Il n’y a pas assez de maison d’édition en ce moment en Haïti. Partout où je vais, les jeunes s’en plaignent. Ils pensaient que pour se faire publier il faut être dans un clan. Pourtant ce n’est pas du tout vrai. Ce manque, c’est à cause de l’état. Il n’y a jamais un gouvernement qui a une politique éditoriale. Les maisons d’édition ne sont pas épaulées financièrement. Le pire, il n’y pas une école sur les métiers du livre. Ici, on peut se lever du jour au lendemain, on se déclare éditeur. La majorité de nos entreprises ne respectent pas la gestion du droit des auteurs. D’où la nécessité et l’importance d’une structure comme celle-ci ici. Notre rôle est d’apporter l’expertise de ces professionnels des différents pays du monde entier, mais aussi, de mettre en lumière tous les acteurs de la chaine du livre. Enfin, nous souhaitons créer des cadres de concertation, et aussi former les jeunes aux métiers du livre et de l’édition.

3- Quels sont les projets de l’OAPE déjà réalisés en Haïti ?

M. S. R.: Nous avons déjà réalisé plusieurs projets autour du livre. C’est le cas des conférences autour de l’édition dans les villes de provinces. Nos offres de consultations auprès des éditeurs, écrivains sur ces sujets. Notre organisation est partenaire de plusieurs festivals comme « Le Marathon du livre » de Petit-Goâve, le « Festival Pawoli » aux Gonaïves, « Livres en liberté », « La quinzaine de la poésie féminine », « Le festival du livre de carrefour ». Nos compatriotes sont mis à l’honner régulièrement dans les productions mensuelles de l’OAPE. C’est notamment le cas de Fred Brutus qui a été désigné par l’OAPE, parmi les 3 meilleurs éditeurs de l’année dans les Afrique(s). Une belle vitrine pour la culture et savoir-faire haïtien.

Représentant permanent de l’OAPE en Haïti

4- Cette crise de Covid-19 a impacté le monde, quelles ont été les conséquences pour l’OAPE Haïti ? 

M. S. R.: Évidement la covid-19 a impacté l’OAPE Haïti. À la fin de l’année était programmée la première édition du Salon caribéen de l’édition. Mais la pandémie a tout arrêté. Nous avons décidé d’organiser cela à une date ultérieure. Sinon, des réajustements sont en cours pour permettre une relance effective dans nos différents pays membres.

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5- Quels sont les projets à long terme de l’OAPE Haïti ? 

M. S. R.: Ici dans la Caraïbe, c’est déjà de mettre sur pied une représentation régionale de l’OAPE qui va couvrir tous les pays de la région. Aussi, c’est d’organiser chaque année ce salon de l’édition qui permettra de repenser et d’unir ce secteur, de créer des partenariats (des ponts) avec les autres éditeurs d’Afrique.

Wilbert FORTUNÉ
Wilbert FORTUNÉ

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