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James Noël, respirant mal, s’adresse à Donald Trump

L’écrivain haïtien James Noël, l’un des lauréats en date du prestigieux Prix Intarnationaler de Literaturpreis, lequel pourrait lui offrir un bon coup d’air, lui remplir les poumons jusqu’au débordement, ne cesse de crier son mal être, la tranchée dans son âme, le mal de respirer.

CP : Henry Roy

Le 4 juin dernier, James Noël a annoncé sur son compte Facebook la nouvelle en ces mots :

« Je suis très honoré de faire partie des lauréats du Prix Intarnationaler de Literaturpreis pour « Belle merveille » qui s’exprime ce matin à haute voix en allemand. Merci à Rike Bolte, ma traductrice poétique confinée en Colombie… »

Et depuis, les articles ne cessent de pulluler, plébiscitant le talent de ce précieux écrivain dont nous autres haïtiens ne cessons de récolter de la fierté. Le Ministère de la Culture qui essaie depuis quelques semaines de sortir de son mutisme, de son absence a salué son travail. Quelle bouffée d’air ! Ne serait-ce pas une occasion de récolter les hommages, se fermer sur soi-même, respirer pour soi et pour la terre toute entière tout l’air du monde ? Mais ce n’est pas James Noël.

Belle Merveille, roman pour lequel il a remporté le prix, n’est-il pas une œuvre témoignant déjà d’un mal de respirer. Notre écrivain semble être se heurter en permanence à l’asphyxie. La catastrophe-merveille qu’est le séisme du 12 janvier 2010 a emporté plus de trois cent mille souffles. Trois cent mille âmes disparues en quelques secondes, trois cent mille corps déshabités, abandonnés. Et l’aide humanitaire? Celle qui tire profit de la catastrophe, n’est-ce pas une belle merveille ? Malgré l’annonce du prix, les hommages, James Noël respire mal.

Pour James Noël, il semble qu’aucun prix ne l’emporte sur celui du sang, celui de la mort, celui que l’on doit payer parce qu’on est noir. Il semble vivre mal la mort brutale de George Floyd comme celle d’un frère -en effet c’en est un-. Il la hurle, la dénonce. Le premier juin, quelques jours avant l’annonce du prix, à travers sa respiration difficile, il exprime son impuissance, se questionne sur son rôle face à la bêtise humaine qu’est le racisme :

« J’essaie de respirer par les poumons depuis quelques jours, voir comment assumer le p’tit rôle de commentateur impuissant des réseaux sociaux, de la déraison raciale. »

Le 6 juin, deux jours après l’annonce du prix, il nous fait don de sa prière noire/Black prayer, « une prière qui cible les genoux du policier, celui qui a pris le cou de Floyd comme point d’appui ». Aussi bouleversé, il semble ne pas avoir le cœur à faire la fête, mais à dénoncer, à crier sa rage. Ce matin encore, 9 juin, il est sorti de son rôle de commentateur et s’adresse directement au président américain Donald Trump.

Le temps Littéraire salue cette initiative et vous invite à lire à partir de ce lien sa Prière noire et sa correspondance adressée à Trump : https://blogs.mediapart.fr/james-noel/blog/090620/priere-noire-black-prayer?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66&fbclid=IwAR3P0frGDdxWasMbzRQRAt5nymiXETj2-UAzi1yFZXiqgoc1_gMNAfANmRM

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