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Éditions de la Rosée : entre passion et volonté

Entrevue | Le Temps Littéraire part à la rencontre des acteurs-trices de l’objet-livre : auteurs-trices, éditeurs-trices, bouquinistes, critiques littéraires, etc. afin d’explorer le parcours de l’idée d’écriture jusqu’à la réception du texte. Nous avons rencontré Christ-Falin Oralus (Ti Kris) pour le compte des Éditions de la Rosée, jeune maison d’édition haïtienne logée aux Gonaïves, se donnant pour objectif de publier des perles de la littérature.

1- Pourquoi êtes-vous devenu éditeur ?
Ti Kris : Devenir éditeur en Haïti, pour nous, a été une question de passion et de volonté. La volonté d’être utile à l’instar de ces morceaux de miroir que nous avons à approcher vers le monde avec le vif désir de provoquer du meilleur.

2- Etes-vous toujours aussi enthousiaste qu’au départ avec le projet de maison d’édition ?Publier vous parait encore quelque chose d’utile et de rentable en cette période de marasme économique ?
Ti Kris : Quand on a un ikigaï (formule japonaise du bonheur), on ne se rend même pas compte de l’importance qu’on investit à pratiquer son travail. Comme au commencement, on se donne l’obligation de continuer à publier puisque c’est utile mais sincèrement non rentable et cela aurait pu l’être. Mais nous connaissons les marasmes permanents en dehors des difficultés économiques (absence de réseaux de librairies, de bibliothèques et absence d’une politique publique active du livre pour faciliter soit la production et/ou l’acquisition/la diffusion).

Ti Kris

3- Quel est votre avis sur l’édition et la littérature en Haïti ?
Ti Kris : Comparativement aux premières époques où l’autre se plaignait de la carence de poètes pour utiliser les mots, il n’y avait pas d’édition mais aujourd’hui, c’est tellement intriguant de regarder l’affluence de nos jeunes auteurs et la solidité de plusieurs maisons d’éditions (anciennes et nouvelles), il faut admettre qu’elles sont vraiment dynamiques et que leur dynamisme en dehors d’atouts matériels apporte beaucoup au fondement de la société espérée.

4- Auriez-vous un avis sur l’édition et la littérature dans le monde ? Si oui, quel serait cet avis ?
Ti Kris : Eh bien, on peut bien être d’accord que la littérature n’a pas vraiment d’originalité sinon qu’elle est du monde. La globalisation nous le prouve. Aujourd’hui, on parle en France de la révolution numérique. Les livres marchent vite et retrouvent les lecteurs au moment même de leurs publications. Grace à ça, on retient que la littérature devient ce carrefour où l’on se rassemble pour se regarder l’un l’autre avec nos différences et nos ressemblances. Et le travail de l’édition doit aujourd’hui non seulement pouvoir bien refléter le milieu ambiant mais aussi assouvir la soif du monde.

5- Quels autres éditeurs vous impressionnent par leur travail ?
R- Pour l’extérieur, je suis un passionné de la collection Folio de la maison créée par Gaston Gallimard, la collection J’ai lu de Flammarion, Larousse, Nathan entre autres et en Haïti, le noble effort de Dieudonné Fardin, la collection de Textes retrouvés et les essais de la C3 éditions et de ces petits éditeurs comme moi qui surgissent sur la scène littéraire, je veux parler des éditions Floraison et Fréda.

Propos recueillis par Wilbert FORTUNÉ

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