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Mon amour, quelles étoiles n’avions-nous donc pas bercées ?

Depuis quelque temps, les étoiles se font rares. Elles sont en confinement pensai-je. De notre chambre qui s’ouvre sur le ciel, nous avions l’habitude de les voir. Elles venaient souvent nous admirer dans nos plus intimes mouvements. Nous n’avions pas vu arriver cette pénurie d’étoiles, sinon nous aurions pu en accrocher une dans notre chambre. Dieu sait combien nous admirons les voir contempler nos ébats sexuels. L’autre soir, de la fenêtre, nous en avions vu quelques unes fatiguées par leurs allures confinées. Le temps d’un geste mal ponctué, elles n’y étaient plus. Depuis, nous attendons qu’elles viennent.

Nuit étoilée – Van Gogh

C’est fou ce que nos regards peuvent pâlir ! Une chose parmi tant d’autres choses que nous échangions en toute liberté et qui disaient toujours plus que si nous avions laissé échapper quelques mots. Mais bon, en ce temps de quarantaine même les regards se calfeutrent. Si seulement nous pouvions nous voir. Les étoiles auraient pris le risque de contourner les mesures de confinement juste pour venir nous contempler. Comme ça nous aurions eu toutes les étoiles rien que pour nous deux. Nous en aurions tellement eues que nous les aurions assembler pour en faire un poème à hauteur de nos sexes voracement entés l’un à l’autre. À la démesure de nos hanches entrelacées. Un poème suspendu sur les lignes de nos corps mêlés. Quelles étoiles n’avions-nous donc pas bercées mon amour pour nous priver de tout ça ?
Alors, tendons-leur un piège. Finissons ce billet écrit de nos mains fragiles et sans beauté. Marquons-le de l’odeur de nos sexes. En guise de signature, apposons nos regards. Imprimons nos baisers et nos gestes d’amour dans tous ses recoins. Étalons nos vies jusqu’au bas de la fenêtre. Cueillons des étoiles pour en faire un poème d’amour. Restons dans la chambre pour réussir notre confinement car, nous n’avions appris rien d’autre avant que de s’aimer éperdument. Laissons notre poème en lettre imprimé sur la face du monde et que les étoiles
viennent amadouer notre volonté pour cracher tout ça dans des fragments de vers en partance de bonheur. Ainsi, ensemble nous chanterons du début à la fin de ce confinement : Masques / Cache-nez / Confinement / Isolement / Quarantaine / Virus / Pandémie / Rien de tout ça n’existe
/ Seul notre amour est et demeure !

Cherlie Rivage

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