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Je t’aime…moi aussi

Les mots servent de médium pour parler et décrire nos émotions, lourdes et pesantes, volatiles et jubilatoires, foudroyantes et salvatrices. Quelles qu’elles soient, nous essayons de nous soigner par l’écriture et la lecture de ce que le monde et la vie peuvent offrir. Comme l’amour, un sujet intarissable qui prend l’humain par les tripes et le met à nu même en période de pandémie.

L’envie de te voir me prend à la gorge et je ressasse tous mes souvenirs de toi. Bientôt un mois depuis qu’on a décidé de ne plus sortir. Dehors, ça ne va pas. On prend les précautions nécessaires, on reste chez soi et le plus que possible. Aujourd’hui encore, j’ai entendu les chiffres marteler le compteur, grimper à quatre pattes au tableau, ici comme ailleurs. Le temps s’est habillé de mauvais présage et se fait dur pour les rêveurs. Comme toujours, il n’y a que l’espoir qui nous tient le bras dans l’immensité du malheur, optimiste. Je suis coincé entre quatre murs qui m’offrent le confinement comme un dernier repas. Dehors, ça ne va pas. Mais j’ai déjà dit ça.

Je pense à toi. Alors que cette période difficile fait renaître des liens, aiguiser des talents et en découvrir d’autres, et force à des dispositions particulières, moi je découvre l’amour. Mais après tout, existe-t-il un temps spécial pour aimer? L’amour se conjugue à tous les temps, soutiendraient certains : à l’imparfait, au passé, au temps d’Avent, au temps maussade et surtout au présent. Il fait toujours un temps d’amour sous le firmament quelle que soit la température. Je ne sais pas vraiment ce que c’est que d’aimer en temps de grandes inquiétudes. Certes, j’ai quelques fois pleuré mes déboires d’amourettes sur l’épaule d’une lune compatissante mais je n’ai jamais, jusque-là, marché dans le pressant besoin d’aimer. Je n’ai vécu aucune guerre mais cette pandémie n’en vaut-elle pas deux ?

Ma belle, je disais que je pense à toi. Oui. A tous les réverbères que tu as allumés au creux de mes soirées noires, d’un claquement de doigts. A ton corps qui voguait gracieusement sur l’océan de mon regard. A tes sourires de charmes. Tu me colorais des saisons entières à l’intérieur sans te soucier de celle que la nature arborait autour de nous. Tu me disais quel doux effet je te faisais rien qu’en me voyant. Et je ne disais rien. Je n’avais que ce sourire bête que tu trouvais enjôleur. Comprends-moi ! Je n’étais pas encore prêt. Je ne sais pas me donner à moitié. La demi-mesure, je ne la connais pas. Tu me disais je t’aime et je ne répondais pas. Pardonne-moi, ma douce ! Je n’aurais pas pu agir autrement. C’est mon cœur qui prenait son temps. Vois-tu ? Il est vieux jeu, lui. Mais ta tendresse l’a toujours bercé merveilleusement. À présent, ton absence est une aiguille qui s’enfonce sous ma peau. Tu nous manques, à nous deux. Coronavirus, cas, confinement… je commence à détester certains c, sans oublier la carantaine si spéciale que ça s’écrit autrement : quarantaine, s’il vous plaît. J’ai beau coudre des rêves sur les murs de mon sommeil pour me consoler mais mon cœur est en état d’urgence. Si tu étais là, je t’aurais serrée dans mes bras jusqu’à te faire fondre en moi, qu’on s’entremêle. Oui, l’amour fait cela. 1+1=1. Réaction chimique ou opération mathématique ? Qu’en sais-je ?

Je viens de regarder la dernière photo que tu m’as envoyée, il y a 2 jours, à 2h du matin. Tu pensais à moi, tu disais, et tu voulais en laisser une trace. C’est à mon tour d’enjoindre une traînée de mots d’arpenter la surface de la terre jusqu’à toi. Je t’aime. Moi aussi. Je te le dis à présent. Que ces mots pénètrent par toutes les fenêtres de ton corps jusqu’à ton âme comme tu me brodes des frissons sur la peau lorsque tu me chantes pour tuer ma tristesse. J’aurais voulu te dire tout cela sur ton balcon, un soir, pour voir tes dents éclairer la marche de la nuit vers nous mais hélas… Nous voilà confinés. Loin l’un de l’autre. Sans un premier baiser. Sans mes doigts sur ton allée gauche. Sans avoir pu embrasser tes cheveux pendant que tu trembles dans mes bras. Ô ciel !

Tiens bon, ma chérie ! Prends soin de toi. J’ai hâte de te retrouver, qu’à nos deux corps on n’en fasse qu’un. Je t’en prie, reste debout dans l’impasse. On a mille et une choses à se dire, à s’arracher sur les lèvres. Je te conterai mes journées et nuits malchanceuses qui naissent et meurent sans toi, sans tes yeux ici. Je te cueillerai ta couleur préférée sur le dos d’un arc-en-ciel, une Rose bleue dans le champ des nuages. Je t’aimerai avec rage, avec toute cette envie et toute cette peur qui s’accumulent en moi. Et toi? Tu feras pousser un verger au mitan de mon cœur. Tu me tricoteras encore des phrases de magie, mélange d’étoiles, de larves de volcan et d’émeraude d’herbe. Tu me feras encore la danse des nerfs. Ensemble, nous redéfinirons la vie, nous réinventerons le monde, nous fabriquerons des moments de qualité supérieure à ceux qu’on vit présentement. Mais en attendant, je t’aime dans chaque cm de la distance. Je te le redis. Je t’aime. Surtout prends bien soin de toi. A bientôt, mon amour !

Witensky Lauvince Le Scribe

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