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Navré, je t’aime trop pour t’aimer !

Les mots servent de médium pour parler et décrire nos émotions, lourdes et pesantes, volatiles et jubilatoires, foudroyantes et salvatrices. Quelles qu’elles soient, nous essayons de nous soigner par l’écriture et la lecture de ce que le monde et la vie peuvent offrir. Comme l’amour, un sujet intarissable qui prend l’humain par les tripes et le met à nu même en période de pandémie.

Fort souvent, dans les moments les plus inattendus, il se passe des trucs que les mots n’auront jamais le pouvoir de mettre à nu.  Et ceci, au plus profonds de notre intimité. Plus précisément, aux quatre coins de notre cœur, et dans les méandres de notre âme. Il se passe des trucs comme ce bout d’amour lassé et  voilé venant de cette contrée labyrinthique et mielleuse que m’a gratifié Ceunie.  Cet amour qui m’a mis en posture d’étoiles chassées par  l’aube du jour,  me faisant accoster au bord de sa rive ensorceleuse, buvant à bras ouverts mes folies. Cet amour sans préface qui m’a mis à bout de souffle. Dans nos entrailles, parfois même sans nous en rendre compte,  Il se passe des trucs  et les conséquences  amalgament douleurs et douceurs.  

Cela remonte à la mémoire des temps perdus. Un dimanche, différent de ceux tristement abroyés par la vie en rogne. Le destin m’a fait côtoyer le bonheur dans son état le plus  pur. Vous qui ne le savez pas encore. Le bonheur a vu le jour  aux Gonaïves,  la Cité de l’indépendance d’Haïti. Retenez-le une fois pour toute ! Le bonheur est ma Ceunie. A cet  instant que je ne saurais décrire,  je me fais de l’air pour mieux arpenter son architecture  corporelle. Une Merveille. Une vrai panacée oculaire !

La terre est en ire ; le ciel quant à lui s’en veut  d’avoir assisté à mon interminable arpentage sensuel. Un arpentage identique  au bordage du déhanchement des amoureries vilipendant  le cri des orages à outrance.  Un arpentage qui a pu nouer toutes les folies de la terre  aux barques de mes sens et de ma passion. Rien  que  pour regarder mourir tendrement mes peurs et mes transes comme des rayons de soleils abandonnés sous la pluie.

Mon cœur, ce petit  bateau d’ivresse s’est aveuglement  livré en pâture pour gouter à l’aventure de Ceunie. Colorer  tous les doutes d’un noir sombre et bouleversé, question de mieux s’en foutre des conséquences et des maux  de tous les cieux comme la pénombre au quotidien. Mon cœur,  Il nie encore les rives pour escamoter ce vif désir  de s’adonner  à ces penchants  de mille et une couleurs. Il  se fait donc doublement cœur pour de vrai. Client  inconditionnel  de l’amour et  du regret.  Mon âme, quant à elle,   avec son visage innocent  se sent comme une proie. Le charme de Ceunie est de trop, donc il lui chante les mots de ses maux sur la toile de ses envies.  Sans barre ni rature  pour tendre la main aux  délices de sa vie future et douteuse.

Depuis des lustres, je perds la notion de compter, mais mon instinct me dit qu’on est précisément à un mois, trois jours, quatre heures, quatre minutes et 44 secondes du confinement. D’habitude, quand je parle de Ceunie la terre cesse de tourner! Donc, il n’y a pas l’ombre d’un doute.
Sous l’enthousiasme  du soleil qui  charrie l’espoir vers l’horizon en désolation,  au rythme de son être  se noyant  dans l’océan  de ses propres  pleurs,  cherchant  désespéré  une voie de convenance pour dire non à l’incertitude de ses  amours celées, mon Moi se livre à toutes les  illusions en excès  de vitesse. Oui !  Pour dire non aux  larmes  qui jaillissent  sans arrêt  mes joues au nom de mes ex.  Aux ouï-dire  des dieux en détresse conspirant contre moi,  avec les démons en liberté pour crier  Non au vent  indompté  chassant rageusement  mes feux de joie. Aux fortes ondées qui conduisent  sans pitié  toutes mes passions   vers cette  mer amère  se reflétant  dans le miroir rayé du drame de mon Moi en larmes. Pour couper la route  Aux caprices de ces bouts  d’astres  venimeux filant tout droit vers mon cœur  où tous mes sens  s’en dorment, il me faut juste l’effleurement de ton amour Ceunie. Oui, rien que l’effleurement  de ton amour en ce moment de confinement m’aidera à supporter ce poids-monde.

Certes, l’amour ne peut être mesuré, mais il ne faut pas nier que même en dose homéopathique il peut submerger le coeur le plus désertique. Offre en moi,
Quoi que je sache que  tu m’aimes trop pour m’aimer.     

Marvens JEANTY


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