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« J’ai une longueur d’avance, ma verge est encore mobile »

Les mots servent de médium pour parler et décrire nos émotions, lourdes et pesantes, volatiles et jubilatoires, foudroyantes et salvatrices. Quelles qu’elles soient, nous essayons de nous soigner par l’écriture et la lecture de ce que le monde et la vie peuvent offrir. Comme l’amour, un sujet intarissable qui prend l’humain par les tripes et le met à nu même en période de pandémie.

Tout à l’heure je disais à mon amour que j’ai faim de la revoir; qu’elle me manque terriblement; que j’ai besoin de ses bras, de son corps chaud, de ses tendres baisers, de ses caresses légères, de son souffle pour titiller ma peau d’ébène. L’absence du sourire complice qui passait entre nous me fait défaut. Ça a toujours été ainsi même si l’on se voyait fréquemment, mais le confinement creuse l’écart. C’est bizarre ! Moi qui pensais, comme mes voisin.es, que la pandémie allait tout infester. Évidemment, je constate que même les SMS et les tchats internet sont confinés. « Vous avez un nouveau message » n’apparait presque plus sur mon écran. Quand ça arrive, rassurez-vous, ce sont les deux compagnies de téléphonie mobile présentes sur le marché ou l’Etat haïtien qui me sensibilise sur le nouveau Coronavirus ; Orlane BATEAU qui trouve savamment une manière de me harceler avec les « ordonnances » de Weyo Communication, mon gagne-pain ; ou, enfin, JJP (ma toute nouvelle amie) qui déverse sur moi l’océan de sa curiosité, l’expression des savoirs acquis dans mon cours de philosophie entre autres.
Le nouveau coronavirus me prive-t-il de beaucoup de choses ? À l’évidence c’est oui. Nonobstant, je garde encore certaines autres dont le courage d’aimer et l’énergie de faire l’amour que rien, autre que l’insanité appelée « temps », ne peut chasser. Ni Netflix ni jjmsimple dans ses blagues ne me parle quand mon Soleil me manque. Malgré ses résultats parfois surprenants, les OMG de Facebook ne remplacent pas nos souvenirs heureux.
Coronavirus, laisse-moi te le dire franchement: plein de choses s’envolent sous tes doigts. Entendu ? Tu n’es / n’as pas la mesure de toute chose. De Wuhan à Fort-mercredi, tu ne contrôles pas tout. Penses-tu que tu pourras nous tuer tous et toutes sans que nous succombions au plaisir avant qu’il s’échappe ? Non, non. Tu es à côté de la plaque. De la voiture aussi. J’ai quand même une chose à te concéder: il est certain que tu vas changer nos habitudes, nos manières d’être avec nous-mêmes, avec nos semblables, avec l’environnement, avec la planète entière; tu nous imposes de mieux organiser à la fois le temps et l’espace. Nous en sommes conscient.es. Le moins que je puisse te dire pour l’instant, et ce, avec plaisir, c’est que ma libido vit encore. Elle est rayonnante de courage et de sourire. Crois-moi, j’ai cette longueur d’avance. C’est sûr que ça va te surprendre. Mais écoute connard : J’ai encore envie ! Ma verge est plus mobile que les « sound trucks » qui sensibilisent sur les mesures et les comportements à adopter pour combattre ta propagation. Je fais semblant d’être confiné, mais l’envie me fait voyager dans de très beaux pays faits de chair. Entre-temps mon coq chante. Qu’il est mignon cet oiseau ! Regardez-le.
Soyons gentil.les avec nous-mêmes les ami.es. Faisons ce que nous avons à faire dans la mesure du possible. Tant pis pour l’après. Je ne suis pas un délinquant, mais (que voulez-vous ?) si vous avez envie (c’en est une longueur d’avance), satisfaites le plus normalement vos désirs jusqu’à vous harasser. Confiné n’est pas condamné. N’oubliez surtout pas de planifier, car après la pluie le temps n’est pas toujours rose.

Wisvel MONDELICE

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