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Cœur en peine

Les mots servent de médium pour parler et décrire nos émotions, lourdes et pesantes, volatiles et jubilatoires, foudroyantes et salvatrices. Quelles qu’elles soient, nous essayons de nous soigner par l’écriture et la lecture de ce que le monde et la vie peuvent offrir. Comme l’amour, un sujet intarissable qui prend l’humain par les tripes et le met à nu même en période de pandémie. Nous vous invitons à lire ces textes qui portent à l’âme un coup de massue, un vent de désir de distances et de manques.

Orchid, plus rien n’inspire…
Les couchers de soleil deviennent attristants ;
Les matinées, froides et sourdes ;
Les nuits, hantées par le vide, et plus noires.
Les journées, elles,
Ont la lourdeur d’une éternité de solitude.

Orchid, tout est insipide…
Le cœur ne reconnait plus les couleurs,
Car ses yeux sont aveuglés par le manque.
Il peint le noir avec les quelques souvenirs
Qui ont survécu aux écorchures du temps.
Mais le tableau, au final, a une nuance de veuvage.

À mesure que trépigne le temps,
On réalise que la distance,
Elle ne s’immisce pas qu’entre les lieux :
Les souvenirs, bons et mauvais,
S’éloignent peu à peu du maintenant,
Et font place confortable à l’inconnu,
À la peur des changements désavantageux,
Comme celle de ne pas être deux dans la nostalgie.

Orchid, la réalité a fait de nous des montagnes ;
On se regarde de loin, sans pouvoir se rencontrer.
Et cela gratifie la malice du Diable
De la vue de la manifestation d’une souffrance
Mille fois plus amère qu’être battu et crucifié,
En surmontant une sévérissime crise d’asthme.

Orchid, ce vide qui nous sépare,
S’il ne se tranforme pas rapidement en terre,
Finira par faire de nous des volcans,
À force de tristesse teintée de colère pourpre.

Ainsi, étant en erruption à l’unisson,
Ma lave et la tienne
S’élèveront au niveau de notre mélancolie,
Se jetteront dans tous les sens,
Et ne formeront qu’un seul et même lac de feu.

Mais pour l’instant, la distance joue au vigile.
Elle est pesante,
Elle fait montre d’hardiesse, d’invincibilité,
Marque son territoire,
Engendre la mélancolie,
Un vide de canyon,
Une solitude d’outre-tombe.

Mais loin des yeux, encore plus près de l’âme ;
Mes sentiments ne seront jamais confinés, Orchid.

Marc A. CHERIDORD

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