Accéder au contenu principal

Amour en quarantaine

Les mots servent de médium pour parler et décrire nos émotions, lourdes et pesantes, volatiles et jubilatoires, foudroyantes et salvatrices. Quelles qu’elles soient, nous essayons de nous soigner par l’écriture et la lecture de ce que le monde et la vie peuvent offrir. Comme l’amour, un sujet intarissable qui prend l’humain par les tripes et le met à nu même en période de pandémie. Nous vous invitons à lire ces textes qui portent à l’âme un coup de massue, un vent de désir de distances et de manques.

Oh mon Dieu! 17 jours depuis que je suis enfermée chez moi, le stress me ronge, je me sens si lasse, j’en ai marre, un tas de choses à régler, mais hélas, on est obligé de rester chez soi… Ouf,je ne sais à quel Saint me vouer.
À mes yeux, il semble que la vie nous joue des mauvais tours… Parfois pour me détendre, j’écoute de la musique tout en me déhanchant dans un miroir à travers lequel je voyais refléter le visage de mon doux Jhoe avec qui j’aimerais tellement aller faire quelques courses mais hélas, un refrain me revient en tête « rester chez vous », je suis obligée de rester chez moi, bien que c’est la première fois que je viens passer quelques jours dans ma ville natale sans sortir avec lui soit pour se rendre à un bar, un restaurant, soit pour visiter un lieu, participer à un spectacle ou aller prendre un bain de mer.

Je me sens si triste, je ne fais que me rappeler les agréables moments passés ensembles car ils ne cessent de me revenir à l’esprit, l’eau me monte à la bouche, j’essayais de me contenter de visualiser sans arrêt nos plus belles photos prises ensembles, mais en vain! Je rêve.

Suis-je devenue folle à cause de ce confinement? Pour m’aider à noyer mon chagrin, il ne cesse pas de m’envoyer des photos de lui, où de me passer des appels vidéo. Certains jours, il se fait passer pour un diseur et récite quelques uns de mes poèmes et me les envoie par audio. Il peut penser qu’en entendant sa voix, je serai satisfaite, mais rien qu’un peu…et ses câlins, sa tendresse, ses bras qui m’envelopppaient, ses lèvres,la chaleur de son corps si mielleux, son ombre, quoiqu’il me traite quelques fois de capricieuse, mais j’éprouve un tel besoin. Son sexe se durcissant contre mon corps…sa poitrine égayant mes charmes ! Où trouverais-je le courage de mettre même notre amour en quarantaine tout en pensant à cet homme qui fait de sa langue un pinceau pour dessiner et peindre comme un tableau les courbes de mon corps?
Les je t’aime quand tu es tout près de moi me manquent. A chaque fois que je regarde un vêtement dans ma penderie, je pense à des compliments comme : cette robe te va à merveille, cette couleur me plaît. Son nez posé sur mon corps me manque, car il a l’habitude de prendre tout son temps à respirer mon parfum.
Et les jours où je suis privée d’électricité, la nuit, afin de m’endormir grâce à sa douce voix qui me berce, je gardais mon portable fermé afin d’économiser la batterie car ce confinement semble tuer même l’amour, non par le virus mais par l’absence physique, le téléphone ne suffit pas, les rencontres physiques sont trop absentes. Je ne cesse pas de me lamenter, je me comporte comme une solitaire interrogeant à chaque fois l’univers qui ne répond jamais :
Pourquoi mon amour est-il en train de faire face à un tel obstacle? Je n’ai pas trop peur de mourir par ce virus mais j’ai peur de mourrir sans voir, sans toucher mon cher Jhoe qui m’est si précieux! Je ne peux rien faire des émoticônes qui ne font que d’embellir nos claviers, nos écrans de messagerie que nous nous envoyons quotidiennement, je veux voir plutôt mon Jhoe qui embellit ma vie. Quand tireras-tu à ta fin cher confinement ? Quand tourneras tu la page Monsieur amour en quarantaine ? Dans quelques jours, ce sera son anniversaire, ne me prendra t-il pas dans ses bras pour danser? Et, à son gâteau, n’y gouterai-je pas?Et mes seins qui lui servent de bougies, n’ira-t-il pas les souffler?Podyab, si m te konn se konsa bagay yo ta pral ye, m te plen tank mwen ase paske rezèv la gentan fini. J’ai si soif de dévorer mon prince charmant en miette sur cette assiette fragile qui n’est autre que mon corps. Nan swè kò Jhoe lèv mwen neye swaf li epi tou, po bouch Jhoe se sèl pòt lang mwen p ap janm sispann frape.

Sabine Legros (Perle Noire)

Le Temps Littéraire Tout afficher

Magazine d'art, de littérature et des idées

One thought on “Amour en quarantaine Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :