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Tu n’auras pas lu ma lettre…

J’ai beaucoup tardé à t’écrire cette lettre, en dehors du fait que la nouvelle, la triste nouvelle m’a laissé abasourdi, je me questionnais sur la façon dont tu aurais perçu tant d’effusions. Connaissant tes luttes et tes prises de positions, je me suis demandé si tu aurais apprécié autant de remous autour de ta personne quand tous les jours des gens meurent à la Saline, Martissant : ces anonymes, ces petites gens qui cimentent tout le corps social mais que nous discriminons.

Tu n’auras pas lu ma lettre, moi qui avais tant d’espoir malgré les années de te voir un jour ou l’autre ragaillardi, j’aurais trop tardé. Quel poème te dire? Ai-je déjà trop parlé ? Aurais-je le sens de l’ellipse de ta parole cousue sur fil de politique et d’érotisme ? J’arrête, tu pars et la question avant que tu ailles reposer tes brûlures, viejo, est de savoir s’il faut faire de ta tombe un endroit où l’on se soûle et où l’on danse, comme disait le poète, ou une place de rassemblements pour les révolutions futures.

Wilbert FORTUNÉ

26 janvier 2020

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