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Donner à Castera ce qui est à Castera!

Georges nous a laissés. Une nouvelle terrible pour les férus de la littérature, les amants-es de la parole libre. Hommages vibrants, témoignages, critiques, on sait qu’un homme est mort lorsqu’on peut dire aisément ou ouvertement du bien de lui.

CP : Le Nouvelliste

Amis poètes, compagnons de lutte, jeunes admirateurs, les plumes se bousculent afin de clamer la chance qu’avait ce bout de terre à nourrir pendant 83 étés l’un de ses plus grands paroliers. Il fut coutume ici, quand les autorités ne sombraient pas dans une telle insouciance d’organiser des funérailles nationales aux poètes. Oswald Durant, Carl Brouard, Magloire Saint-Aude… Si bien souvent, le poète vivait en marge de sa société, sa disparition faisait pleine résonance. Possibilité de retour sur sa vie de marginal, sur ses oeuvres méconnues ou mal connues, sur les batailles qu’il a menées, les idées qu’il a défendues ou combattues, sur les clichés à faire tomber qu’on enseigne encore dans nos écoles, la faute à des manuels de littérature inadaptés.

Georges est parti, l’un des plus grands de nos poètes veut bien nous rappeler le quotidien le plus ancien en activité. Jusqu’ici, aucune réaction du côté de nos autorités, notre chef d’État, si actif sur les réseaux sociaux, n’a pas encore trouvé, deux jours plus tard, les mots. Est-il lecteur ou savait-il que depuis pas mal de temps un vieux qui a révolutionné nos deux langues mourrait lentement à Pétion ville ? Ces questions me viennent d’un ami littéraire. On ne demande pas à un chef d’État d’avoir tel ou tel loisir, ni de lire tel ou tel auteur mais est-ce trop demander au premier homme de saluer le départ de Georges? Des amis-es me balancent qu’on ne quémande pas l’honneur ou l’hommage. Que cela sonne faux. «Merite pa mande». Et d’autres raisons qui ont toutes leur place dans le débat. En dehors de tout cela, de la personne qu’il était, le fils qui n’a pas voulu faire médecine en suivant la bonne ligne familiale, le poète des «Cinq lettres » qui ne cachait pas son dégoût pour l’État, le père de famille, le critique littéraire exigeant et le militant politique, donnons à Castera ce qui est à Castera. Et que nul étranger ne feint de l’ignorer: ici est terre de poète.

Roberto Louis-Charles

26 janvier 2020

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