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Dire la faille : Douze secondes

Série 2 : 10 ans plus tard. Les blessures sont encore à vif. Les failles nous traversent de part en part, nous colmatons en espérant que cela tienne. Le souvenir des disparus est, semble-t-il, le seul réconfort des vivants. La littérature tient lieu de thérapie, nous avons voulu donner un espace où l’expression de ces rivières mal contenues était possible et réparatrice. Il s’agit de failles énormes, fruits de traumatismes pérennes. Ces personnes ont répondu à notre appel et nous les remercions de cet acte d’amour. Ils partagent avec tout un chacun leur ressenti dans des mots de sang et de larmes. Sarita Cynthia Pierre se livre à nous.

Doucement nerveux,
Nous attendions dans la salle, les feuilles d’évaluation.
Les yeux en avant-garde sur la surveillante,
Icône traversée par nos regards
Préoccupés et en transes d’idées.
Un soupçon d’indice ou une étincelle,
Auraient dû, encore plongés sur nos feuilles, nous alerter. 
Soudain, déferlements en zigs zags grinçants et violents, s’échelonnent !

Et s’écroulait sur nos têtes ébahies
Lourd, sombre et démembré :
Un ciel jadis confiant…
Des planchers non-stables mais tendances révolues.
Car sous nos pieds et des parois
Grimpait le tremblement.
En si peu de temps, tout s’éclipse
Comme des sardines en boites,
L’air vicié, nous nous accrochons :
Dieu, un ami, le téléphone, n’importe quoi dans ce décor écrabouillé !

Oui, elle avait enfin osé !
Elle s’est enfin secoué cette terre :
Offusquée de plus de deux siècles de maltraitances.
C’est la misère d’un peuple
Face à une politique d’émotions et d’urgences.
Et tous ! Oui, nous avons été touchés.
Sortis de la poussière, le front anxieux…
Alors recyclage, réforme, ou nouveau souffle d’un peuple dépossédé ?

Sarita Cynthia Pierre

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