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Festival Quatre Chemins : 16 ans de théâtre et de réussite ! (Première partie)

Lancé en 2003 sous l’auspice de passionnés de théâtre (autant haïtiens qu’étrangers), le festival Quatre Chemins est à sa seizième édition. Le Temps Littéraire s’intéresse au long parcours (quand on pense au contexte sociopolitique du pays) de ce festival qui, au fil des ans, s’est construit une réputation internationale et a permis l’émergence de différentes troupes de théâtre, de structures, d’acteurs et d’autres festivals. Nous tenterons de modeler pour le lecteur toute la légende et le mérite de ce festival par son histoire et ses déboires, ses grandes joies et ses réalisations, nous voulons rencontrer le plus de personnes et nous plonger dans les archives de ce festival afin de vous faire apprécier autrement l’épopée d’une construction qui n’en finit pas de faire le bonheur des uns et des autres.

La troupe Nous montant « Service violence série » / CP : site du Festival

S’il semble pour un petit groupe que les arts, notamment le théâtre, donnent une matérialisation des soubresauts de la vie dans l’espace sociale, nous ne pouvons constater que l’histoire a rapporté que les artistes étaient et sont encore perçus, à la fin du 20ème et aujourd’hui, comme des dilettantes et des déviants. La dictature des Duvalier a provoqué soit leur migration soit leur extinction ou leur silence. Phelps disait qu’il était venu le temps de se parler par signes. Un personnage de Franckétienne disait qu’être comédien n’était pas un métier, une façon de rappeler le discours des autorités sur la dramaturgie.
La culture a toujours été dépréciée voire oubliée lorsqu’il s’agissait de concocter les budgets du pays. Les différentes luttes intestines n’ont pas non plus aidé à une stabilisation de la situation des arts et du théâtre en Haïti. Pourtant, la production, quoi que fluctuante, s’est toujours faite. Il est vrai que l’on recense très peu de publication des œuvres de théâtre (elle s’améliore aujourd’hui ?). Lorsqu’en 2003, un groupe d’hommes décide de donner naissance au festival Quatre Chemins, nous sommes à la veille des soulèvements allant donner lieu au départ du pouvoir du président Jean B. Aristide. Dans le cadre de ce dossier, nous partons sur les traces du festival de ces premiers balbutiements jusqu’à sa quasi-totale majoration, nous retrouverons des personnalités qui ont fait l’histoire de ce festival dans des interviews exclusifs et nous exhiberons des archives photographiques et autres afin de faire revivre les moments forts de ce festival porté aujourd’hui par l’Association Quatre Chemins. Ce dossier inédit sera publié au fil du temps jusqu’au terme du festival qui se déroule sous la phrase  : Tous les hommes sont fous.

Les débuts du festival
Lorsque le festival Quatre Chemins prendra naissance en 2003, le pays connait une période de révoltes populaires caractérisée par un développement de l’insécurité suite à une institutionnalisation de la violence. Pierre Therme, dans son article Haïti 2003 – 2012 : les mouvements de contestation populaire face aux logiques de l’aide. Une interpellation plébéienne ? souligne la quasi inexistence de la vie nocturne à Port-au-Prince, une façon de montrer le climat de peur installé au pays à cause de la multiplication des assassinats surtout politiques. Cette situation entrainera de nombreuses manifestations populaires dans divers lieux du pays qui entraveront sérieusement la constitution d’espaces de rencontres pour des domaines comme le théâtre. Pourtant, le festival se réalisera sous l’impulsion de personnes (Daniel Marcelin, Lyonel Trouillot, Michèle Duvivier Pierre Louis, Olivier Blin, Magalie Denis, Pietro Varrasso, Syto Cavé…) d’ici d’ailleurs désireuses d’appuyer et de réunir des troupes de théâtre qui vivaient dans le souvenir de leur gloire passée à la moulinette des pouvoirs répressifs ainsi que des artistes en devenir, avides d’ouvertures sur le monde. C’est de cette idée généreuse que naitra la première édition de ce festival qui, aujourd’hui, a seize ans.

L’idée de réunir et de supporter des gens de théâtre de diverses époques a été l’objectif de départ de la première édition du festival. Cette édition a vu jouer les Monologues du vagin d’Eve Ensler par Estelle Marion, L’exception et la règle de Bertold Brecht par Pietro Varrasso, Service violence série par la troupe Nous de Guy Régis Junior. Des organisations féminines et de femmes mènent telles Enfofanm et Kayfanm assurent les échanges autour de la question du vagin.
Il s’agissait de permettre à la culture d’être plus qu’un produit, bien qu’évoluant dans un milieu marchand. D’ailleurs Syto disait lors cette édition : « Nous sommes bouffés par des images cinématographiques évidentes et la propagande. Le théâtre doit se remettre en piste et créer d’autres formes esthétiques ».

Symbolisme du croisement des chemins, Quatre Chemins, qui donne son au festival, est au carrefour du théâtre et des autres disciplines artistiques toutes les années depuis 16 ans.

Wilbert Fortuné

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