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Conquête littéraire, une caravane de littérature à Désarme

ENTRETIEN|• La jeune maison d’édition des Gonaïves «Editions de la Rosée » a lancé depuis le 26 octobre dernier une caravane de la littérature baptisée ‹‹Conquête littéraire ». En laissant Le Môle Saint-Nicolas où elle avait déposé ses valises pour la première fois, elle a mis, cette fois-ci, le cap ce 22 novembre vers une petite commune du bas-Artibonite : Désarme. En cette occasion, Le Temps Littéraire s’est entretenu avec l’un des instigateurs du mouvement et directeur des éditions de la Rosée Monsieur Christ-Phalin- Oralus. RENCONTRE

1-Le Temps Littéraire: «Conquête Littéraire», brièvement quel est l’objectif de cette initiative ?

Christ-Phalin Oralus : Conquête Littéraire est un projet mis en application dans l’ultime but de promouvoir la littérature loin des terrains déjà conquis, des espaces dits des lieux communs où les gens vont quelques fois par habitude ou par simple influence. Nous sommes plutôt dans une quête d’autres mondes possibles et montrer que tout ne se joue pas que dans les grandes villes. Il faut de temps en temps ouvrir la voie à d’autres pour agir et puisque écrire c’est agir, Conquête littéraire veut être un prétexte pour propulser cette action sur la société et rencontrer ces gens qui agissent afin de les permettre de se rencontrer grâce à la découverte de l’immensité de cet univers qu’est la littérature sans chercher à paraphraser Fernando Pessoa.

2-LT: Vous êtes l’un des instigateurs de l’activité. Avez-vous trouvé d’autres soutiens? Des particuliers ou des institutions?

C.O : Conquête littéraire est en partie, une façon de restituer notre dette envers des centaines de gens qui ont l’habitude de venir aux Gonaïves pour supporter nos activités depuis tantôt six ans et en particulier Jean Euphèle Milcé qui a Initié le Centre PEN Gonaïves. Nous avons souhaité rester dans cet élan de générosité en partageant ce que la littérature nous a donné. Bien sûr, on a l’assistance de la C3 éditions nous permettant de réaliser nos différents concours de texte. On reconnait aussi le noble effort des cadres de nos zones ciblées.

3- La deuxième ‹‹conquête » a vu le jour à Désarme, commune périphérique des Verrettes. Comment a été l’expérience ? Quel public avait répondu réellement à l’appel?

C.O : Cela a été une expérience enrichissante. Cela fait toujours plaisir de voir qu’il y a encore des gens surtout des jeunes, en dépit de la situation politique du pays qui croient encore à la littérature et toutes ses valeurs. Nous avons rencontré un public relativement jeune et le plus important des jeunes qui ont déjà eu un contact avec la littérature. Chacun d’entre eux a déjà lu au moins deux livres c’est encourageant. Sans oublier leur force de création. Je suis convaincu que cette communauté a beaucoup de choses à apporter dans le milieu surtout dans la langue avec de nouveaux mots et variances propres à la région.

4- En préparant cet entretien, vous aviez confié que l’un des objectifs de la conquête littéraire était de sortir la littérature de la marginalité. Pensez-vous qu’elle n’est pas mieux dans cette marginalité qui peut être aussi un espace de libre pensée ?

C.O : Trouillot disait lors de la 3ème édition de Pawoli que la marge de la littérature se trouve dans la page. Emmelie Prophète, pour sa part a très bien montré que la littérature haïtienne n’est pas vraiment dans une sorte de marginalité. Moi, je prends en compte particulièrement les gens qu’on rencontre tous les jours qui croient d’un côté que la littérature est l’affaire des personnes aisées et de l’autre, comme quelques choses de trop (literati w ap fè la, ou p ap vin fè literati la par exemple.) En effet, c’est cette double contradiction que nous essayons de minimiser dans notre façon de parler ou de voir la littérature.

5- LT: Un dernier mot?

C.O : Je termine avec Philippe Claudel  » L’acte d’écriture est un moyen d’explorer chaque parcelle d’humanité et d’inhumanité. « 

Je reste persuader que nous avons une belle génération, capable de réaliser de grande chose qui a juste besoin qu’on lui tend la main. Nous sommes à l’heure de marquer l’histoire de notre temps. Nous n’avons pas une obligation pour briller mais un devoir d’éclairer les sentiers qui nous entourent. Enfin, je remercie W. Bezil et son équipe qui nous a bien accueilli là-bas.

Propos recueillis par Roberto Louis-Charles
charlesroberto1393@gmail.com

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