Accéder au contenu principal

ENTRETIEN| Andrise Pierre, 3e lauréate du Prix du texte francophone d’Etc Caraïbes

 »Etc Caraïbes » (Écritures théâtrales contemporains en Caraïbes), une association créée en 2003 regroupant des travailleurs de plume des Caraïbes, vient de publier la liste des trois lauréats du neuvième concours d’écriture théâtrale. Parmi les finalistes, la jeune dramaturge haïtienne Andrise Pierre occupe la troisième position. Elle a su capter l’attention d’un jury composé de professeurs, de chercheurs et d’autres professionnels de l’art dramatique avec sa pièce  »Vidé mon ventre du sang de mon fils ».
Andrise Pierre a une formation en Lettres Modernes de L’Ecole Normale Supérieure d’Haïti, a rédigé son mémoire de Master autour de la thématique de la dictature. Elle est enseignante au secondaire. Le Temps Littéraire propose un entretien avec la jeune autrice dans lequel elle passe en revue ses motifs d’écritures, son parcours et les sentiments éprouvés lors de la réception de la nouvelle de cette troisième place. A noter que la dramaturge Françoise Dô pour  »Juillet 1961 » et Adeline Faune pour  »le Seuil » occupent respectivement la première et la deuxième place du concours. RENCONTRE.

Photo d’Andrise Pierre | Source Photo : Page FB de la 3ème lauréate

1- Le Temps Littéraire : Andrise Pierre, sachant déjà que vous êtes normalienne supérieure, amante des livres, qu’est-ce qui vous a poussé de la lecture à l’écriture ? Qu’est -ce qui vous a permis de faire le saut?

Andrise Pierre : La littérature est ma plus belle rencontre. Je pense que l’activité de lecture et d’écriture sont liées. Un grand écrivain est d’abord un grand lecteur.

2- LT: Vous venez de faire partie des trois finalistes du neuvième concours d’écritures théâtrales de l’association littéraire Etc Caraïbes, comment avez vous reçu cette récompense? Vous a-t-elle laissé une impression de satisfaction?

A.P. : Je ne sais pas si je peux parler de satisfaction. Je suis contente que mon texte ait retenu l’attention du jury.

3- LT: Sony Labou Tansi, dans un avertissement lancé au début de son roman phare  »La vie et demie » déclare :  »j’écris pour qu’il fasse peur en moi ». Encore un auteur qui considère l’écriture tel un acte solitaire et engageant car un peu plus loin, il avance  »A ceux qui cherchent un auteur engagé, je propose un homme engageant ». Vous nous aviez confié qu’un incident malheureux serait à la base de cette pièce  »Vidé mon ventre du sang de mon fils », celui de l’assassinat de votre frère en 2015. Comment ce malencontreux évènement a changé votre regard sur le monde et vous a permis de traduire dans ce texte vos impressions ?

A.P. : En effet, l’assassinat de mon frère est à l’origine de ma pièce. Aujourd’hui encore, je vois la souffrance de ma mère et son incompréhension face à cette disparition. Ma pièce tout en s’inspirant de cette réalité est aussi un portrait critique de ma ville. Je m’attaque au climat d’insécurité et à la condition sociale.

4- LT : Eugène Ionesco dans sa pièce  »Victimes du devoir » insinue que : “Toutes les pièces qui ont été écrites, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, n’ont jamais été que policières. Le théâtre n’a jamais été que réaliste et policier. Toute pièce est une enquête menée à bonne fin. » Dans votre pièce, il est question d’une mère pleurant la disparition de son fils, elle veut briser tout silence face à l’insouciance d’une société d’injustice. Inscrivez-vous votre plume dans une démarche réaliste ?

A.P. : Oui,  »Vidé mon ventre du sang de mon fils » s’inscrit dans une démarche réaliste. Ce n’est pas une autobiographie, ni une biographie mais j’ai puisé dans la réalité de ma famille et j’ai bien sûr inventé pour étoffer le côté dramatique.

5- LT : En prélude à cet entretien, vous nous aviez confié qu’il s’agit, en effet, de votre premier texte dramatique. Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours ? Comptez-vous perpétuer l’expérience du théâtre ou d’autres genres littéraires vous tentent ?

A.P. : Oui, j’ai besoin d’écrire. J’ai un fort penchant pour le théâtre et je m’essaie au roman.

6 – LT : Un dernier mot?

A.P. : Je remercie ma famille et tous ceux qui me soutiennent. Merci pour cet échange. Kenbe la !

Propos recueillis par Roberto Louis-Charles

Catégories

Entrevues

Le Temps Littéraire Tout afficher

Magazine d'art, de littérature et des idées

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :