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Partage de Lecture Hebdomadaire : « Je suis celui qui souffre et qui s’est révolté ! » Arthur Rimbaud

Le mot révolte désigne généralement un soulèvement, une violente indignation, un sursaut de colère – que l’on soit victime ou témoin – contre une autorité dans le but de la contester ou de la renverser. Elle constitue une expression spontanée de la liberté.

L’oppression interdit par principe toute forme de révolte, celle-ci, parce qu’elle est intuitive, est toujours inattendue. En effet, bien que la révolte puisse « faire du bruit », elle est souvent associée à la spontanéité et à la vitesse. Effaçant brusquement une terreur obsolète, la révolte s’engage alors dans un processus historique nouveau. Elle semble en cela tournée tout d’abord vers la destruction et inaugure ainsi une période de temps suspendu. À l’ordre qu’elle conteste, elle remplace temporairement le désordre, le chaos ; à une temporalité réglée, un temps déréglé, un inconnu, ce qui contribue aussi à la rendre inquiétante ou suspecte.

Dans l’histoire du (de la) révolté(e) ou dans le destin du groupe qui se révolte, il y aura toujours un avant et un après : mais si la révolte, « retournement » étymologiquement, induit un changement radical, elle peut être aussi vue comme un recommencement. Fondatrice d’un état neuf, d’une humanité émancipée, de valeurs nouvelles, la révolte primordiale de Prométhée permet au genre humain de retrouver le feu du savoir, de la même manière que dans le mythe d’Adam et Ève le sens moral leur est donné après la révolte contre l’interdit divin. Ces deux récits de ruptures légitiment partiellement la révolte tout en la condamnant, car l’hybris y donne autant qu’il y retire. Ces récits fondateurs, autant par leur ancienneté mythique que par leur caractère étiologique, semblent inscrire dans l’histoire humaine la notion de conflit libérateur et constructeur.

La révolte intéresse aussi la littérature parce qu’elle permet à l’auteur d’exprimer une forme de contestation, une dénonciation. Elle séduit les écrivains(nes) parce qu’elle est conflit et d’abord parce qu’elle est parole : le(la) révolté(e), c’est « celui qui dit non ». Qu’il maintienne la distance du personnage ou qu’il s’exprime ouvertement comme le font certains, la figuration de la révolte entraîne celle du(de la) lecteur(trice). Le devoir de l’artiste au sens de Sartre (Dans la mémoire collective, Sartre serait le symbole de l’engagement de l’écrivain) n’est-il pas, au nom de la lucidité et de l’autorité qui sont les siennes, de dénoncer, de s’engager, de se révolter ?

Effectivement, la littérature a non seulement représenté et favorisé des révoltes, elle sait aussi se révolter contre les œuvres et les formes du passé. Les transformations artistiques, l’émergence des avant-gardes est souvent liée à une révolte esthétique, où les canons du passé sont contestés avant d’être réinventés. Toutefois, il apparaît que certaines œuvres semblent conjuguer ces faisceaux de révoltes beaucoup plus que d’autres.

Le Temps Littéraire dans le cadre de sa rubrique hebdomadaire de partage de lecture vous présente une petite sélection de livre qui se rapporte à la notion de révolte :

1- Antigone de Sophocles
2- L’Homme révolté d’Albert Camus
3- Le messager de Lois Lowry
4- J’accuse ! : et autres textes sur l’affaire Dreyfus d’Emile Zola
5-Spartacus de Arthur Koestler

Niconorve CHARLES

Bibliothécaire et professeur de philosophie

Charlescn71@gmail.com

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Magazine d'art, de littérature et des idées

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