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Ravine-Sèche, une part de rêve qui nous habite!


Carte blanche à Cherlie Rivage


Il est 11h am. Le soleil au-dessus de l’horizon laissait entrevoir un ciel tempéré, dégagé de toutes frustrations. Nous longeons la côte des Arcadins vers le Nord de Port-au-Prince. Nous n’étions qu’une vingtaine dans un bus de trente places. L’impatience assiégeait une bonne partie de nos visages. L’air circulait librement et fini vaguement à nos pieds pour se réinviter et se volatiliser sous nos pas plus tard. Tout au long de la route, entre rires et petites taquineries, une musique (compas) caresse les oreilles et les yeux rivés vers les montagnes dénudées exposant à pleine vue ses lamentations face à une mer fatiguée qui cache ses douleurs aux pieds de longues vagues décousues.

CP : site du journal Le Nouvelliste

Après quelques kilomètres de route, le chauffeur ralentit et emprunte, sur sa gauche, un sentier en terre battue. Il semble qu’on soit presque arrivés. Dans l’entrée, une église. Symbole de bienvenu. Expression culte de la domination coloniale dirait-on. On nous annonce qu’on est à Bois Neuf, deuxième section communale de Saint Marc. Dans moins de 30 minutes nous serons dans la localité de Ravine-Sèche, la terre de Frankétienne, figure emblématique du spiralisme. Nous sommes arrivés, l’air content, on débarque sur un petit terrain. Certains.nes prennent le temps de se dégourdir un peu les jambes pendant qu’un type assez costaud, au tempérament fort vient nous recevoir. Gary Cassamajor, une référence dans la communauté.

Sous une grande galerie, des femmes et des hommes s’occupent de leur train-train quotidien. A Ravine-Sèche, la vie semble un tableau de rêves discontinus d’une centaine d’habitants qui vivent essentiellement de la pêche.
Défaitisme. Crise de la parole. Incompétence politique entachant le bien être citoyen. Tout peut se lire de ce terrain, à quelques encablures de la mer, environné d’une petite bibliothèque, un entrepôt pour les pêcheurs et un atelier de poterie, grâce auquel les jeunes s’initient à l’art pour la promotion et l’exploitation de l’héritage taïno. Accompagné de Gary nous avons visité ce petit village, puis une petite maison au bord de la route, peinte en marron et blanc avec une petite barrière et un grillage servant de clôture. En haut du mur est accrochée une pancarte sur laquelle est inscrite lisiblement : MUSÉE Frankétienne.

À l’intérieur, sont exposées les photos de l’auteur et de sa famille puis quelques exemplaires de ses œuvres bien rangés dans une petite armoire en vitre.
Par une chaleur monstre, nous sommes parvenus à visiter le village en douceur. Alors que les enfants jouaient et riaient encore sous les rayons de soleil rebondissant sur eux sans aucune once de pitié, nous, nous prolongeons notre visite vers la maison des Saint-Natus -ceux-là qui ont eu l’idée de contribuer pour l’amélioration du cadre de vie des gens dans le village- pour une bonne baignade.

L’après-midi grignote ses dernières heures, nous nous préparons à reprendre la route pour Port-au-Prince. Le chagrin de la mer amarre nos jambes. Le rire des enfants ne quitte plus nos sens. On est hantés. On n’a plus l’envie du retour. Ravine-Sèche laisse en nous sa part d’amour, d’humanité et de rêves.

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