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Le temps de la poésie : La légende de Villars Denis

Davertige, de son vrai nom Villars Denis est l’un de nos poètes contemporains qui ont embrassé le mouvement surréaliste. Son unique recueil de poèmes  »Idem » fut sorti de l’ombre grâce à la critique élogieuse d’Alain Bosquet dans un article paru au journal le Monde au titre énigmatique : Un séisme : Davertige (17 Août 1963). Le recueil allait faire l’objet, par la suite, de nombreuses publications, à Paris en 1964 (préfacé par Bosquet), ou à Montréal en 1983. Ce poète au talent vertigineux que Max Dominique compare à Rimbaud, est mort à Montréal en 2004.

Source : site des éditions ROTAHI

Le poème que nous tenons à présenter dans cette nouvelle sortie du Temps de la poésie est né de la rencontre de l’écrivain et de l’éditeur-poète Rodney Saint-Eloi. D’une telle rencontre est née aux éditions Mémoires d’Encrier l’idée d’une anthologie de Davertige qui allait voir le jour le 1er janvier 2003.
Dans cette collection figurent des textes du recueil Idem que l’auteur a jugé bon de remanier et aussi quelques textes inédits. La Légende de Villars Denis, paru lors de la deuxième édition d’Idem en 1964, a été réécrit par l’auteur. Ce poème sulfureux, aux airs surréalistes suivant les sillons d’un Magloire Saint-Aude, tente de cerner les charivaris de la vie d’un homme-mystère.

La légende de Villard Denis
Est une légende simple et amère
Sous le tournoiement des couteaux de l’ardoise
Et de la corde en coryphée dans les branches
Elle voit au loin la cendre du cœur tourner
Entre des crocs et des salives
Pour dire la geste du cœur-aux-chiens
La légende était à leurs pieds
Avec mes vitres brisées dévorantes
Ma chemise trop fine voulant encercler l’incendie
Voici la légende du cœur-aux-chiens
Avec la célérité des flammes de la main
Qui disent non pour son sang vif
Ses cloches sonnent avec un bruit de bois sec
Au-dessus des arbres brisés en paraboles
Pour l’entraîner dans les dangers des fantômes tourbillonnants
Près du parapet des noms en serpents
La légende de Villard Denis à vos oreilles
Court à pas d’enfant dans les feuilles
Elle était docile aux pieds de la Sainte aux yeux d’argent
Le brasier recouvrant sa face
Elle était broyée par les bruyères de vos entrailles
Et veut parler au braiment du soleil
Le langage de l’homme pathétique
Et que viennent les poètes d’antan
Et s’en aillent ceux d’aujourd’hui
Dans le cycle de ses lamentos
Derrière le voile du crâne où se tissent les funérailles fissurées
Pour contenir son dos dans la gloire de sa Parole revenue
Un voyage qu’elle entreprend à sa façon
Pour pénétrer dans l’or ouvert
Des bras de la Vierge aux cheveux blonds
C’est le cœur de Villard Denis
Émerveillé dans un monde en pâtures
Sous les nuages violets des chiens
Où gisent le glas de la tombe et l’émerveillement de ses nuits
Crépitant dessous les sanglots dans le crachoir imberbe de sa face
Un cœur aux pourceaux dans la patrie brûlée des passants
Et qui craque sur les fémurs de la fleur-aux-dents
Dévidant la bouteille de ses mots sans âge
Mourant dans la chaîne infinie des flots
Sous les flûtes de farine du cœur
Ô suaire de ma naissance
Sur la table aux tiroirs ouverts
Où le verre creuse le puits pour dévider enfin le miracle de l’arme des colonels
Des roses fanées sur la surface de la légende
S’appuyant la tête à nos genoux
Ce n’est pas adieu que je dis aux étoiles de vos talons
Qu’en Enfer les dieux vous bénissent
Et sous la girouette du sang
Chante la légende de Villard
Qui est une légende immortelle.

Roberto Louis-Charles

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