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« Toni MORISSON, une mère de la littérature pour des générations de femmes noires », témoigne Edwidge DANTICAT

Suite à la mort de Toni MORISSON, le monde rend un vibrant hommage à cette femme qui a fait honneur à la littérature et qui a su donner de sa personne dans des luttes et des amitiés. C’est en ce sens que l’écrivaine Edwidge DANTICAT a tenu à témoigner sur son compte Facebook de son appréciation de Toni MORISSON, cette amie trop tôt partie. Nous publions le témoignage en anglais et dans une traduction en français que nous proposons.

Fb d’Edwige DANTICAT

She was undeniably a genius, a master storyteller, writer, thinker, and public intellectual. She was of course a literary mother to generations of writers, especially black women writers like myself. She was, as she wrote, a friend of our minds. She gathered the pieces we were and gave them back to us beautifully, lyrically, powerfully, and indispensably, and in the right order. Still every time I was blessed to be in her presence, what I was most struck by was how much joy she exuded. Her work was prescient and prophetic and full of love-seared pain, but her presence brought so much joy into any room she was in. And that smile. Oh my goodness, her smile was always like the person you love most in this world smiling back at you. I once heard her say that Tolstoy didn’t know he was writing for a little black girl in Lorain, Ohio. I am so glad I got a chance to tell her that she was writing for, among millions of others, a little black girl from Port-au-Prince, Haiti.

La traduction française :

C’était indéniablement un génie, une grande conteuse, une écrivaine, une penseuse et une intellectuelle. Elle était bien sûr une mère de la littérature pour des générations d’écrivains, en particulier des écrivaines noires comme moi. Comme elle l’a écrit, c’était une amie de notre esprit. Elle a rassemblé les pièces que nous étions et nous les a rendues magnifiques, lyriques, puissantes, indispensables et dans le bon ordre. A chaque fois que j’ai eu la chance d’être en sa présence, ce qui m’a toujours le plus frappé est la joie qu’elle dégageait. Son travail était visionnaire  et prophétique, et plein de douleur amoureuse, mais sa présence apportait tellement de joie dans toutes les pièces où elle se trouvait. Et ce sourire. Oh mon Dieu, son sourire a toujours été comme la personne que tu aimes le plus dans ce monde qui te rend son sourire. Je l’ai entendue une fois dire que Tolstoï ne savait pas qu’il écrivait pour une petite fille noire à Lorain, dans l’Ohio. Je suis tellement heureuse d’avoir eu la chance de lui dire qu’elle écrivait pour des millions d’autres personnes, une petite fille noire de Port-au-Prince, en Haïti.

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