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Wanito fait les yeux doux à la cause féminine et aux petrochallengers.

Par Roberto Louis-Charles

Si le monde musical haïtien est très connu pour sa création marquée d’un machisme déclaré et par ses artistes qui , généralement, sont très acides à l’égard des femmes, Wanito, qui a dominé la scène musicale haïtienne mais depuis peu s’est laissé choir dans un mutisme considérable, opère un retour en force dans l’utilme objectif de se  »reyaktive » en nous livrant  »vyolans domestik ».


Dans un rythme envoûtant , style hip hop, le chanteur a fait parler son génie et plaide ouvertement une cause noble. Wanito n’est pas à son premier essai, n’oublions pas qu’il avait livré une belle création à l’endroit des professeurs haïtiens, l’une des catégories de travail les plus méprisées de la société. Juste après, son parcours fut marqué par un long silence. Des États-Unis où il séjourne depuis quelques temps, l’artiste fait les yeux doux à la cause féminine haïtienne.
Dans  »vyolans domestik » , Wanito campe l’image de la femme trop souvent blessée dans son âme et dans son corps. Il met l’accent sur le rôle capital de ces êtres angéliques qui ont la divine fonction de donner la vie.  »Se yo menm ki bay lavi /se yo k akouche/ se yo menm ki gwòs ». Il met en garde le mâle dominant prenant un malin plaisir à frapper un être fragilisé par les siècles de patriarcat dévastateur  et qui est, généralement, incapable de lui répondre à force physique équitable. Il scande, en se faisant passer pour le porte-voix de ces êtres chers, justice:  »nou bouke kriye/ nou bouke rele/ nou bouke revolte/ nou pa kapab ankò ».
Dans une société où des gens peuvent ouvertement défendre un homme qui a battu une mairesse ou un artiste qui a malmené sa compagne artiste elle-même, en proférant des excuses loufoques, on a tant besoin de ces discours dans tous les sphères de la création artistique.
Wanito, histoire de faire d’une pierre deux coups, n’a pas oublié, dans un acte intelligent, d’insérer la question phare des petrochallengers:  »an palan de sa mezanmi kote kob Petrokaribe a? » finit-il son refrain.

Dans un monde où, selon les études de Sarra Aboulaich publiées sur psychologies.com, une femme est tuée tous les deux jours depuis le début de l’année, -victime de « feminicide »-, une proposition de la sorte devrait connaître une meilleure résonance.
Remercions Wanito et tous les artistes qui profitent des occasions qui leurs sont offertes pour jeter leurs dévolus et se battre pour une noble cause.

Roberto Louis-Charles
Étudiant en master Art: Littérature et transculturalité
Le 18 avril 2019

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